ASV 18 et les Quartiers Politique de la Ville

QPV La Goutte d’Or / ASV Paris 18

Le diagnostic
Le quartier de la Goutte d’or, classé en politique de la ville depuis 1984, fait partie des « zones urbaines sensibles ». Situé au sud du 18ème arrondissement, il forme un rectangle entre le boulevard de la chapelle, le boulevard Barbès, la rue Ordener et les voies de chemin de fer de la gare du Nord.

Une population plus jeune que celle de Paris
Le poids des jeunes dans la population est particulièrement important : un habitant sur quatre soit 24,60% a moins de vingt ans (18,30% à Paris). Inversement, la part des personnes âgées de plus de 60 ans est faible : 13,70 % de la population au lieu de 19,60 % à Paris (INSEE, RP 1999).
Cette structure démographique est à relier à la forte présence des familles. Les familles sont plus représentées qu’à l’échelle de Paris (24% des ménages au lieu de 22%) mais elles sont surtout plus nombreuses. 1/3 des familles habitant à la Goutte d’Or (30,4%) ont trois enfants ou plus contre 16,9% à Paris (Données du CUCS).


Source : INSEE, RP 1999

Une forte proportion d’étrangers et d’immigrés
Le quartier Goutte d’or est marqué par une grande diversité de nationalités (africaine, chinoise, portugaise..). Il est le quartier prioritaire accueillant la population immigrée la plus nombreuse. Plus d’un tiers des habitants du secteur soit 35,70% sont nés à l’étranger contre 18,30% à Paris (INSEE, RP 1999).


Source : INSEE, RP 1999

Une forte présence d’ouvrier et d’employés La répartition par catégories socioprofessionnelles fait ressortir le poids des employés et des ouvriers qui représentent 42% de la population active contre 29% à Paris en 1999. Les cadres sont en revanche deux fois moins représentés qu’à l’échelle Parisienne : 14% au lieu de 33% à Paris. (INSEE, RP 1999)


Source : INSEE, RP 1999

Une part importante de ménages à bas revenus
Le quartier de la goutte d’or fait partie des quartiers prioritaires connaissant les indicateurs de précarité les plus élevés. Les ménages vivant sous le seuil de pauvreté sont près de trois fois plus présents dans le périmètre qu’à l’échelle Parisienne (23,2% contre 11% à Paris). Les allocataires du RMI forment plus de 12% des ménages (5% à Paris).
L’analyse des tendances montre que leur nombre continue d’augmenter (+26% de 2001 à 2004 contre +28% à Paris sur la même période).
D’après les données du recensement, le taux de chômage s’élevait en 1999 à 23% (12% à Paris). Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 a toutefois nettement reculé de 1998 à 2004 selon l’observatoire national des ZUS. Une partie des chômeurs sont, sans doute, venus gonfler le nombre de Rmistes. (Données à l’îlot de l’Observatoire des quartiers).

Source CAF 2004

Une forte présence du sentiment d’insécurité
Au regard des difficultés, le nombre de délits recensés apparaît relativement faible. On dénombre 34 délits pour mille habitants contre 50 pour mille habitants dans l’ensemble des ZUS (état 4001, 2004). Le sentiment d’insécurité, lié notamment à la présence de toxicomanes, est particulièrement répandu. A ce propos, une enquête réalisée en 2006 par l’association Coordination Toxicomanie et Salle Saint Bruno destinée à recueillir l’avis des habitants de la Goutte d’Or sur la vie dans leur quartier a révélé que les délits cités et identifiés par les habitants sont dans leur majorité associés aux phénomènes de toxicomanie et que souvent, les victimes des délits semblent souffrir du sentiment de vulnérabilité et du mal être.

Retards scolaires constatés dans le système éducatif
En matière d’éducation, le retard scolaire concerne une forte proportion d’enfants du secteur. Plus d’un élève sur quatre (26%) a au moins un an de retard dès l’école primaire (13% à Paris). En fin de 3e, seulement un élève sur deux (50% des élèves) est reçu au brevet des collèges au lieu 70% à Paris. En termes de niveau de formation, le taux de non diplômés (26%) est l’un des plus élevés des quartiers prioritaires (11% à Paris).

(Données Rectorat de Paris - 2005)

L’état de santé des enfants
Les maladies identifiées auprès des enfants relèvent des données issues du CUCS (Contrat Urbain de cohésion social. On constate qu’ils sont majoritairement porteurs de caries dentaires (50.80% contre 26,10% à Paris) et souffrent plus d’anomalie dentaires (33,20% contre 11,40% à Paris) et des troubles de la vision (24.50% au lieu de 13.80% à Paris). Inversement, ils souffrent moins des troubles de l’audition (4,4% contre 9,70% à Paris) et des troubles de l’élocution (7,70% au lieu de 10,20% à Paris. Le nombre d’enfants obèses est quant à lui légèrement au dessus de celui de Paris et un peu en dessous de celui du 18ème arrondissement (8,70% à la goutte d’Or contre 9,30% dans le 18ème arrondissement et 8,40% à Paris. (Données Ville de Paris - DASES 2003)

L’état de santé des enfants du quartier

(Données Ville de Paris - DASES 2003)

Un déficit d’emplois
Au niveau économique, le quartier se caractérise par une offre d’emplois très insuffisante alors même que la population est fortement touchée par le chômage. La densité d’emplois est deux fois moins forte que la moyenne Parisienne (70 emplois à l’hectare contre 153 à Paris). Le taux d’emploi est également faible. On compte seulement 0,2 emploi par actif dans le quartier (1,4 à Paris). (Données APUR).
La diversité culturelle de la population et la proximité des magasins TATI ont fait de la Goutte d’or un pôle commercial particulièrement fréquenté. Le commerce local est assez dense, formé de 717 établissements ce qui correspond à un indice par habitant de 33 pour mille (30 pour mille à Paris). Il reste cependant peu diversifié et spécialisé dans les produits d’importation. On compte, après les commerces alimentaires, un grand nombre de commerces de textiles, de débits de boissons et de boutiques de télécommunications.
Par ailleurs, certaines rues secondaires sont marquées par de nombreux locaux commerciaux vacants. Globalement le périmètre compte 16% de locaux vacants en 2005 contre 11% à Paris. (Données APUR).

Des conditions d’habitation insatisfaisantes
L’amélioration des conditions d’habitat et la résorption de l’insalubrité sont des enjeux importants dans ce quartier qui se caractérise par un parc de logements ancien et dégradé. La très large majorité des logements ont été construits avant 1948 (81% contre 67% à Paris). Près des deux tiers des logements (60%) ont une superficie inférieure à 40m² (40% à Paris). (Données du CUCS).
Environ, un cinquième des ménages sont demandeurs d’un logement sociale (soit 18,90% des ménages contre 11,40% dans le 18ème arrondissement de Paris et seulement 7,80% à Paris). (Données Ville de Paris - DLH 2005).

Les demandeurs d’un logement social

(Données Ville de Paris - DLH 2005)

De plus, les critères d’attributions des logements sont faits de telle sorte que l’on privilégie les populations les plus démunis par le biais de l’instauration des critères prioritaires, dit "d’urgence absolue". Ces critères interviennent suite à un évènement indépendant de la volonté du candidat, et qui rend l’utilisation du logement actuel durablement impossible. On peut ainsi en répertorier six : le handicap physique, la maladie, la catastrophe naturelle, le sinistre, les violences familiales avérées (par exemple : femmes et enfants battus) et les demandes de plus de quinze ans, présentant un caractère pérenne depuis cette date.

Le diagnostic

Liste des structures interrogées Les 15 structures interrogées sont regroupées par domaines d’activité.

Le domaine social regroupe quatre structures dont :
• Un centre social et un Service départemental polyvalent accueillants tous les catégories d’habitants du quartier (Accueil Goutte d’Or ; SSDP : Service Social Départemental Polyvalent)
• Une structure d’accueille des personnes âgées issues de l’immigration (Café social Dejean)
• Une structure spécialisée dans la petite enfance accueillant les familles, les baby Sitter et les enfants de 0 à 4 ans (ARBRE BLEU) Le domaine culture/ loisir comporte cinq structures dont :
• Trois structures intervenant dans le domaine culturel ou interculturel visant tous les habitants (Graine de soleil, Café social Dejean, Paris Macadam)
• Deux structures spécialisée dans les loisirs des jeunes les mercredis et les vacances scolaires (ADOS ; EGDO)

Le domaine Prévention santé / accompagnement à la réinsertion/ insertion professionnel vise cinq structures :

• L’association URACA agit notamment dans le domaine de prévention du VIH auprès des migrants d’Afrique subsaharienne
• L’association Ressources Unies Madame Mareuil se consacre à l’insertion professionnelle et à la gestion de stress
• La structure Coordination toxicomanies s’intéresse à la médiation sociale en toxicomanie
• La maison pour l’apprentissage et l’intégration des enfants avec autisme : MAIA, agit dans le cadre de l’autisme.
• ESPOIR GOUTTE D’OR (EGO) gère 2 établissements médico-sociaux : un CAARUD (Centre d’Accueil et Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de Drogues) avec deux antennes (Le Centre d’Accueil et le Programme d’Echange de Seringues) et un CSST (Centre Spécialisé de Soins aux Toxicomanes).

Le domaine de l’accompagnement scolaire / alphabétisation/ éducation comprend également cinq structures dont :

• L’association MAIA qui agit dans le cadre de l’intégration scolaire
• ADOS et EDGO qui se consacrent notamment à l’accompagnement scolaire et à l’aide aux devoirs
• Accueil Laghouat et ASFI qui s’intéressent notamment à l’alphabétisation des adultes et à l’aide aux devoirs

NB : En raison de leur double casquette, les structures ADOS, Café social Dejean, EDGO et MAIA sont intégrées dans deux domaines d’activés disjoints.

Les résultats partiels pour la Goutte d’Or
Les thématiques prioritaires relevées par les professionnelles :
• Nutrition
• Logement
• Parentalité

Les projets

1 - Reconduction du Rallye Santé Goutte d’Or en 2010
2 - Animation avec le Pôle Santé dans le square Léon Eté 2009 et 2010
3 - Participation à la fête de la Goutte d’Or en juin 2010
4 - Dynamisation des acteurs et habitants du quartier de la Goutte d’Or sur des actions inter-quartiers :
• groupes de travail
• thématiques transversales : nutrition, santé psychosociale, santé des femmes ; VIH-SIDA,
• formation-action.